De ses années passées au SATIS (2002-2005), Damien Guillaume garde le souvenir d’une formation très concrète, nourrie de nombreux projets. Un véritable passeport pour un parcours professionnel accompli depuis dans le cinéma.

Damien_GuillaumeQuand j’y pense, c’est un peu en jouant sur les mots que j’ai étudié au SATIS ! Lorsque j’étais au lycée, mes parents insistaient pour que je suive une formation d’ingénieur après le baccalauréat. De mon côté, la pratique de la trompette au conservatoire m’avait sensibilisé au son. Un jour, au centre de documentation et d’information de mon lycée, je suis tombé sur une fiche d’information sur le métier d’ingénieur du son.

Je me suis dit que cela ferait l’affaire : mes parents seraient contents du titre d’ingénieur et moi, je pourrais découvrir l’univers du son ! J’ai fait un Deug de physique et un Deug de musicologie en même temps, pour préparer Louis-Lumière et la Femis. J’ai échoué à entrer dans l’un de ces établissements, mais j’ai été accepté en IUP à Aubagne.

“J’ai aimé le côté pratique de la formation”

Arrivant de Strasbourg, je me suis rendu compte que beaucoup de mes camarades de promotion du SATIS venaient eux aussi d’assez loin. Je pense que la réputation d’Aubagne était déjà bonne à l’époque. Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est le côté pratique de la formation. Et malgré un équipement un peu disparate, on s’éclatait sur les projets.

Un partenariat avec la région nous a permis de réaliser des documentaires sur la Durance. Nous avons eu un peu de moyens, ce qui nous a permis de partir plusieurs jours en montagne avec du matériel pour réaliser ces films. Nous étions en situation professionnelle, face à un commanditaire qui attendait un produit fini.

A la fin de mon cursus, je suis allé à la bibliothèque du SATIS et j’ai emprunté le Bellefaye, l’annuaire des professionnels de l’audiovisuel. J’ai recopié toutes les coordonnées des ingénieurs du son et je les ai contactés pour trouver un stage. Nicolas Naegelen (aujourd’hui patron de Poly Son) m’a accepté sur un long métrage,. J’ai pu enchaîner sur un deuxième tournage puis un troisième, en post-production cette fois. Grâce à ces stages et à l’appui de des professionnels qui m’ont encadré, j’ai pu devenir assistant monteur son.

“Il y a de plus en plus d’intermittents et la concurrence est rude”

J’ai continué dans ce métier jusqu’à aujourd’hui, travaillant tout d’abord comme assistant puis comme monteur paroles et co-monteur son. Cependant, je n’ai pas encore eu la responsabilité d’un montage son de long métrage à moi tout seul. Ce passage est difficile, cela tient au fait que les interlocuteurs ne sont pas les mêmes : je connais beaucoup de monteurs son, mais peu de réalisateurs ou producteurs qui pourraient me confier cette responsabilité.

Bande-annonce de Vie sauvage, film sur lequel Damien Guillaume a travaillé (DR)
Dans nos réseaux professionnels, il y a des familles de collègues qui se créent et qui évoluent avec le temps. Les personnes qui me font confiance aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’il y a dix ans. Cela évolue en fonction des différences de points de vue ou des types de projets.

C’est parfois un peu dur quand on ne t’appelle plus. Mais il faut ne pas le prendre trop à coeur, ne pas se dire que c’est parce qu’on est moins bon ! Actuellement, le circuit du long métrage est un peu compliqué : il y a de plus en plus d’intermittents et par conséquent la concurrence est rude, de plus beaucoup de films délocalisent leur post-production en Belgique ou au Luxembourg.

“Nous avons en commun une forme d’humilité qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs”

Si j’ai la chance de pouvoir travailler sur trois films par an, c’est à chaque fois six semaines de travail. Ce qui est une bonne moyenne. Par contre, quand un projet saute, c’est tout de suite une grosse période d’inactivité. Au début, je profite du temps qui passe. Puis je me mets à démarcher, avant de déprimer un peu si les offres de boulot tardent à venir !

Quand on se destine à ce genre de métier, il faut se résoudre au fait que l’on passera la moitié de son temps à gérer l’intermittence… Je n’ai jamais vu une seule annonce à Pôle emploi pour un job de monteur son, d’ingénieur du son ou de mixeur ! Tout se fait par bouche-à-oreille. D’où la nécessité d’avoir un réseau de confiance.

Je suis resté en contact avec mes amis de promotion. Nous avons en commun la connaissance de ce que vaut le SATIS (et nous avec !) et une forme d’humilité que l’on ne rencontre pas forcément ailleurs… Si nous rencontrons des problèmes techniques, nous en discutons, nous nous filons des coups de main. Le “filtre” SATIS est précieux, je retrouve l’état d’esprit chez les générations d’étudiants qui ont suivi la mienne. Et ça, ça me plaît !

Propos recueillis le 23 septembre 2014 – Tous droits réservés

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